Soeur Anne, ne vois-tu pas le facteur venir ?

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L'autre jour, le facteur a battu une sorte de record: il a livré  le courrier du jour à 15 h.10 ! D'habitude, c'est entre 13 h. 30 et 14 heures. Il est évidemment loin le temps où il arrivait entre 11 et 13 heures, selon la direction qu'il avait donnée à sa tournée. Et pourtant, nous n'habitons pas au fin fond de la campagne mais en pleine ville de Genève. 

Pour la Poste, il n'y a pas de problème: selon son mandat, elle serait seulement tenue de distribuer le courrier le jour même. On est rassuré, on pourra lire le journal du matin avant de se coucher !

Il n'est pas question d'accabler les braves facteurs, soumis à une pression de plus en plus intense par un employeur qui en diminue le nombre tout en allongeant leur tournée. Théoriquement, leur charge devrait être moins lourde puisque, conséquence de l'essor des courriels, le nombre des lettres distribuées en Suisse a diminué de 4,2% en 2017 par rapport à l'année précédente. Quant à la livraison des paquets, elle est du ressort d'un autre service.

Mais rien n'y fait. Comme chaque fin d'année, j'avais laissé  sur ma boîte aux lettres une note priant le facteur de monter à l'étage pour recevoir ses étrennes. Mais il n'est jamais venu, trop stressé à la perspective de perdre quelques précieuses minutes.

Illustration de la détérioration d'un service qui se veut public, la Poste ne cesse de fermer ses agences. Celles qui subsistent prennent l'allure d'un cabinet de curiosités. On y vend de tout, matériel de bureau, jeux, friandises...et accessoirement des timbres. 

Et pourtant le Géant jaune de manque pas de moyens: l'an dernier, son bénéfice s'est élevé à 420 millions de francs, à peine écorné par ses remboursements consécutifs au scandale de Carpostal. Pour redresser son image, il pourrait recruter davantage de facteurs. Les candidats ne manqueraient pas à un métier qui, exercé dans des conditions décentes, conserve d'indéniables attraits.

Mais engager des frais de personnel, en salaires et retraites, vous n'y pensez pas ! C'est là où on taille en premier.

 

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Commentaires

  • Cher Monsieur,
    Jamais les Suisses n'auraient dû accepter la privatisation des PTT! Entreprise privée ne peut pas rimer avec service public, les deux réalités sont bien trop antagonistes! Voir les fermetures de bureaux de poste. Qu'on se le dise au moment où la privatisation de l'électricité est à l'ordre du jour. Puis pour sûr l'eau et le gaz suivront!
    Cordialement,
    Jacques Louis Davier

  • Merci de votre commentaire qui va tout à fait dans mon sens. Juste une précision: la Poste n'est pas légalement "privatisée", mais est un "établissement autonome de droit public"... qui se comporte en fait souvent comme une entreprise privée.
    S'agissant de l'eau ou de l'électricité. vous avez raison de dire qu'il faut rester vigilant.

  • Très juste, les facteurs sont stressés par souci de rentabilité! Ce qui est malheureux de la part d'un service encore un peu public. Comme le fait de devoir se battre pour maintenir des offices postaux à Veyrier et Vessy alors que la population s'accroît et va s'accroître dans cette région où les projets immobiliers sont conséquents.

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