L'Europe post-Brexit existe

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Cette fois, l'adjectif n'est pas galvaudé. Avec son début de mutualisation des dettes et les milliards de subventions non remboursables versés aux pays les plus touchés par le coronavirus, l'accord européen de Bruxelles est véritablement "historique".

 

Après un retard à l'allumage et des débuts chaotiques, l'Union européenne s'est ressaisie et a retrouvé le chemin de la solidarité. Sa réponse à la pandémie, tant sur les plans sanitaire qu'économique, se compare favorablement avec celle, totalitaire, de la Chine et celle, anarchique, des Etats-Unis. Du coup, les 27 ont surmonté le traumatisme du Brexit au point que l'actuelle impasse des pourparlers entre Michel Barnier et Boris Johnson ne constitue guère plus qu'une péripétie qui ne remet nullement en question le projet européen.

De fait, le retrait du Royaume-Uni de l'UE a plutôt facilité la recherche d'un compromis  à Bruxelles. Il a permis la reconstitution du couple franco-allemand, moteur indispensable de la construction européenne. Il a aussi privé le bloc des pays "frugaux", déjà orphelins de l'Allemagne, d'un allié de taille qui aurait certainement combattu avec becs et ongles la mutualisation des dettes, considérée outre-Manche comme une dérive inacceptable vers un pouvoir supra-national européen.

Reste que tandis que Français, Espagnols, Italiens et autres Polonais vont se partager des centaines de milliards d'euros, les Britanniques ne pourront compter, face à ce redoutable virus, que sur leurs seules ressources.

Il n'est pas sûr que cela suffise...

 

 

 

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Commentaires

  • Parce que vous croyez que "les milliards de subventions non remboursables" ne sortent de la poche de personne ? Au moins grâce au brexit ce n'est pas le contribuable britannique qui sera taxé.

  • On est absolument certain que les contribuables britaniques, qui comptent parmi les plus taxés au monde, seront ravis de cette nouvelle situation.

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