De la difficulté de frauder l'élection américaine

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 En rejetant, faute de preuves matérielles, les accusations de fraude portées par Donald Trump, la Cour suprême de Pennsylvanie a sans doute porté un coup fatal à ses espoirs d'inverser le résultat de l'élection présidentielle américaine. Leur arrêt est d'autant plus significatif qu'il a été prononcé par trois juges républicains, dont l'un nommé par le président sortant.

Celui-ci ne persiste pas moins dans ses allégations infondées de "fraudes massives", une thèse qui trouve des adhérents, pas seulement parmi ses électeurs, mais aussi dans la Blogosphère de ce journal, à en juger par certains commentaires qui me sont régulièrement adressés. 

Mais limitons-nous aux faits. Le 3 novembre, Trump a été battu sans rémission par Joe Biden pour la présidence. Par contre, ses co-équipiers républicains ont bien résisté, regagnant des sièges à la Chambre des représentants, maintenant leurs positions au Sénat et faisant un tabac dans les scrutins des Etats. Donc il  y aurait eu fraude pour la présidentielle, mais un processus tout à fait régulier pour les autres élections. Cela alors que les électeurs utilisent un seul et même bulletin.

Il faut rappeler que les Américains ne choisissent par seulement leur président, mais aussi leur sénateur, leur représentant à la Chambre, leur gouverneur, les Assemblées d'Etat, jusqu'à des postes plus modestes: shérif, conseil scolaire, juge de paix, voire dog-catcher (attrapeur de chiens). S'ajoutent de nombreux référendums sur des objets aussi divers que variés, la Californie n'ayant rien à envier à cet égard à la Suisse !

C'est donc une liste de plusieurs dizaines de positions que l'électeur moyen doit remplir, le plus souvent à la main, en cochant les cases de son choix. Il n'hésite pas à panacher son bulletin en votant démocrate pour le présidentielle et républicain pour le Congrès, ou vice-versa. C'est le ticket-splitting, une pratique particulièrement fréquente, ce 3 novembre, largement au détriment du président sortant. Pour justifier ses accusations de fraude, il faudrait donc trouver le moyen de corriger une seule ligne, celle concernant la présidence, sans toucher au reste du bulletin, en répétant l'opération plusieurs millions de fois. Cela tient de la quadrature du cercle ou de la magie noire !

Dans leurs plaidoiries foireuses devant les tribunaux, les avocats de Trump avaient mentionné certains informaticiens de génie qui, ayant fait leurs première armes auprès de feu le président Chavez du Venezuela, auraient ensuite mis leurs talents maléfiques au service de Biden. Peut-être que ces brillants esprits pourraient éclairer notre lanterne ?

 

Lien permanent Catégories : Humeur 8 commentaires

Commentaires

  • Comme toujours des paroles en l'air en aucun arguments, aucun faits. Bref de l'idéologie et de la propagande pure.

  • Ce "commentaire" ne fait que confirmer ce que j'écrivais sur l'adhésion aveugle des partisans de Trump à ses allégations infondées de "fraudes massives" qui auraient entaché l'élection américaine. Et en niant bien sûr les faits, dégagés de toute idéologie, que j'ai développés dans mon article.

  • "Et en niant bien sûr les faits, dégagés de toute idéologie, que j'ai développés dans mon article."

    Dans le genre hypocrite il est difficile de faire mieux vu que dans votre "billet" il n'y a absolument aucun fait, aucune preuve, rien de rien (...)

    Mais on peut comprendre que vous ne voulez pas perdre la face et que vos connaissances de l'anglais ne vous permettent pas d'avoir accès à d'autres sources que la RTS et l'AFP.

  • Concernant mes connaissances de la politique américaine et aussi de la langue anglaise, j'ai vécu quatre ans aux Etats-Unis, dont trois ans comme correspondant de plusieurs médias suisses. Je suis quotidiennement les médias anglophones - journaux et télévisions. Ma femme est britannique et notre belle-fille américaine.
    Mais pourquoi tant de hargne dans votre réaction ?

  • Voila qui devrait mettre un terme à toutes les supputations des partisans de Trump:

    https://www.cbsnews.com/news/election-results-security-chris-krebs-60-minutes-2020-11-29/

  • En lisant les réactions de P.S. et de MA je me demande ce qui est pire entre croire ce qui n'est pas, et refuser de croire ce qui est. Dans les deux cas, P.S. et MA trouveront certainement une oreille attentive dans un blog voisin qui se nourrit de Dreuz matin, midi et soir.

  • « Mais pourquoi tant de hargne dans votre réaction? »

    Tout simplement par manque d’arguments… Ce bon vieux Schopenhauer, un vrai mozartien qui ne pouvait donc pas se tromper, l’avait déjà formulé dans sa « Dialectique éristique » ou l’art d’avoir toujours raison : ce que l’on appelle l’argumentum ad personam visant à décrédibiliser l’adversaire lors d’une controverse, à mettre en doute ses connaissances de façon blessante, à le calomnier pour le faire passer pour un minus habens. Procédé très utilisé par les sectaires de tout poil jalonnant l’histoire du XXe siècle par exemple. C’est la mort de l’intelligence of course.

  • Ah! qu'il est doux d'évoquer le souvenir du Pessimiste de Francfort. Avant lui, Aristote a bien déblayé le terrain avec sa Réthorique.

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