Trump: l'apocalypse d'un président voyou

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L'invasion du Capitole, ce temple de la démocratie américaine, par les partisans de Donald Trump, a porté à celle-ci le coup le plus sévère depuis la Guerre de Sécession, il y a 160 ans. L'action insensée d'une bande de voyous manipulés et surexcités par le plus voyou d'entre eux: le président le plus catastrophique depuis la fondation des Etats-Unis d'Amérique, en 1776.

La démocratie américaine a résisté, mais elle a senti le vent du boulet. Avec 81 millions de voix et 306 grands électeurs, Joe Biden a remporté une victoire sans appel sur le président sortant. Mais ses quelque 7 millions de suffrages d'avance n'auraient servi à rien si une quarantaine  de milliers de ceux-ci avaient changé de camp dans une poignée d'Etats-clés - Arizona, Géorgie, Wisconsin, Pennsylvanie - où sa marge victorieuse était particulièrement réduite. Aussi solides fussent-elles, les institutions de la première puissance mondiale auraient-elles survécu à quatre années de plus de Trump ?

Celui-ci laisse un champ de ruines. D'abord au sein de son propre parti. Il y a quatre ans, les républicains détenaient tous les leviers du pouvoir : Maison Blanche et les deux chambres du Congrès. Aujourd'hui, après la miraculeuse double victoire sénatoriale des démocrates en Géorgie, ils n'ont plus rien, laissant les mains libres au tandem Biden-Harris pour entreprendre la tâche colossale de reconstruction du pays et de réconciliation de ses citoyens.

Sur le plan intérieur, le bilan de Trump se résume en un mot: néant. Gouverner n'était décidément pas sa tasse de thé. Acharné à démanteler les réalisations de Barak Obama, son prédécesseur - particulièrement en matière d'environnement - il s'est largement désintéressé d'une pandémie qui, d'ici à l'investiture, le 20 janvier,  de son successeur, aura coûté la vie à près de 400.000 Américains.  A l'international, son action a surtout consisté à s'aplatir devant les despotes de tout poil - de Poutine à Kim Jong Un en passant par Erdogan -  sans cacher son mépris pour les alliés traditionnels des Etats-Unis, notamment les Européens. 

Reste le plus grave: le poison insidieux inoculé à la démocratie américaine, par le mensonge sans cesse répété d'une fraude massive qui l'aurait privé d'une réélection lui revenant de droit, cela nonobstant des dizaines de revers infligés par des juges souvent nommés par sa propre administration.

En concédant du bout des lèvres sa défaite, Trump a promis de "continuer le combat". Devra-t-il le mener dans la cellule d'une prison où pourraient le conduire ses nombreuses procédures judiciaires ? Ou, à défaut, dans le confort d'une clinique psychiatrique pour nous protéger des effets contagieux d'un comportement confinant à la démence ?

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Commentaires

  • Le mensonge, ce "poison insidieux" que vous mentionnez, semble avoir fait son chemin jusqu'en Europe, y compris en Suisse. La plateforme de la TdG n'est pas épargnée lorsque vous lisez les propos délirants que certains hallucinés qui vivent dans leur propre "réalité" totalement déconnectée du réel. Le crétinisme est-il contagieux? Si oui, nous avons alors du souci à nous faire.

  • Le mot a été prononcé sur le plateau de C dans l’air : fascisme ! Ce qu’a voulu faire Trump pour se maintenir au pouvoir en échauffant les « forts » et stigmatisant les « faibles », c’est du fascisme ! Sa volonté d’envoyer ses partisans au Capitole c’est sa marche sur Rome : la marche sur Rome est la marche paramilitaire menée par les faisceaux italiens de Mussolini vers la capitale de l'Italie le 28 octobre 1922, ayant pour but en premier lieu d'impressionner le gouvernement libéral alors encore en place et de faire pression sur la classe politique. Ce mot fait peur; il n’est usité que parcimonieusement par la gauche, il recouvre trop de mauvais souvenirs. C’est bien pourtant un journaliste officiant dans un journal ne pouvant être taxé de « gôche » qui le prononce ! Et qui plus est sur un plateau d’une émission se voulant vertueuse ! Il n’est pas trop tôt ! La présentatrice, aussi étonnée que moi, a fait répéter au journaliste ce mot qui écorche. Il l’a fait en étayant ses arguments sans être contredit. Dorénavant, taxer Trump de fasciste n’étonnera plus, mais le plus intéressant sera d’observer ses nombreux aficionados pour voir comment eux réagissent ! Et le parti républicain étatsunien pourra-t-il survivre à cette infamie : être traité de fasciste ? Le schisme ne va pas tarder. D’un œil narquois, les dictateurs et autres populistes illibéraux ont suivi ce qui s’est passé à Washington et n’ont pas manqué de relever les faiblesses des démocraties. La pandémie et les difficultés économico-sociales de la plupart des états démocratiques sont un terreau favorable pour ceux qui ont la nostalgie du nationalisme et d’un pouvoir fort. Tout semble se mettre en place pour que l’histoire se répète. Cette fois le bouc émissaire ne sera pas les Juifs, mais les migrants, les pauvres, les damnés de la terre ! Cette Amérique trumpiste, inculte et revancharde; ces 75 millions d’électeurs qui redemandaient du Trump pour quatre ans, que veulent-ils d’autre qu’un retour aux bonnes vieilles recettes fascistes ? Le nazisme a été une ignominie du fascisme, sa perversion ultime. Du coup, parler de fascisme – mot chargé d’histoire – était mal vu ! Dorénavant, il faut l’utiliser pour qualifier ce qui se passe tant aux États-Unis que dans bien des pays bafouant la démocratie, de plus en plus de pays !

  • Honte, honte, honte aux blogueurs/gueuses et aux commentateurs/trices qui n'ont cessé d'encenser Trump depuis le début de son mandat alors que celui-ci s'est très vite révélé être un menteur, un tricheur (impôts), un caractériel à l'ego démesuré se fichant éperdument de l'intérêt général - bref, un psychopathe.

    Sont-ils fiers, aujourd'hui, ceux qui se sont laissés berner et entraîner dans les délires paranoïaques teintés de complotisme et de conspirationnisme de celui qui aura été, et de loin, le pire Président que les États-Unis aient connu ?

  • "Honte, honte, honte " dites-vous M. Jelmini! Pensez-vous sincèrement que les blogueurs et leurs groupies auxquels vous faites allusion, regrettent un seul instant leur zèle dans la propagation de tels mensonges? Au contraire ils s'enferrent dans leurs mensonges, ils se dupent eux-mêmes dans le seul but de se prouver qu'ils sont dans le "vrai" et que tous les autres auraient été abusés. Loin de se rédimer, certains avancent maintenant la théorie fumeuse suivant laquelle, les pacifiques manifestants devant le Capitol ont été infiltrés par les "antifas" qui ont dirigé l'assaut pour ensuite blâmer les sympathisants de Trump. A ce stade, il ne s'agit plus d'aveuglement mais de délire paranoïaque.

  • Entièrement d'accord avec vous, Paul.

  • Trump n`est pas arrivé seul a la Maison Blanche. Son élection était le produit d`un lavage de cerveau a grande échelle au moyen de la théorie conspirationniste antisémite du "Qannon" (Bannon?) qui a fait croire a des dizaines de millions d`Américains qu`une conspiration a la fois juive et communiste (Obama et le parti Démocrate étant présentés comme communistes, Soros et beaucoup d`intellectuels libéral-démocrates recevant eux le rôle du méchant juif) était a l'oeuvre pour détruire l`Amérique anglo-saxonne, notamment en important des millions de migrants sud-américains qui, ajoutés aux minorités raciales en place, allaient rendre les Blancs à dessein fortement minoritaires en peu de temps.

  • La politique est un spectacle orchestré par les médias. Loin d'être neutres, ceux-ci ne font que révéler, atténuer ou renforcer les opinions publiques diverses, sans pour autant contribuer à les former à la base. Dès que le climat se porte à la violence verbale ou physique, c'est là que leur influence devient inquiétante.

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